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Sacrée première livraison que celle de Temples. Sun Structures, sorti en février sous une pochette qui n'est pas sans rappeler celle du Who's Next des Who, s'inscrit sans mal parmi les grands crus non seulement de cette première partie de 2014, mais aussi de ce courant de pop psychédélique moderne ayant émergé il y a quelques années, notamment sous l'impulsion des très inégaux - voire tartignolles parfois - MGMT. Sympathique mouvement pop que celui-ci, du reste, qui se caractérise par de nombreuses influences Beatlesiennes et 60's, une production ambitieuse (peut-être un peu trop parfois), un honnête sens du songwriting; et qui ne connaît pas de frontières, des Pays-Bas du fantastique Jacco Gardner à l'Australie de Tame Impala, en passant même par la France de Melody's Echo Chamber. Les gars de Temples quant à eux, nous viennent directement de l'Angleterre profonde où l'on brasse la meilleure pop depuis déjà 50 ans.

Ce qui marque immédiatement à travers cet effort du groupe emmené par James Bagshaw, est donc son furieux don pour le pastiche Beatlesien. C'est ce que certains reprochent à l'album, et à toute la génération de back to basics psychédélique: l'impersonnalité de leur musique. Toutefois, l'on est en droit de se demander ce qu'il reste à inventer concrètement pour les groupes pop d'aujourd'hui, tant leurs glorieux prédécesseurs semblent avoir tout défriché. Inutile d'attendre en 2014 l'inventivité, le génie de 1967, et l'on peut tout à fait, partant de là, se satisfaire d'un groupe qui certes n'invente rien, mais joue de manière efficace, précise, sait écrire de bonnes chansons et sortir des disques attachants. Ca tombe bien, c'est ce que Temples sait parfaitement faire.

Sun Structures est un album qui ne se perd jamais dans des dédales sonores psychédélico-chiants chers à Tame Impala. Les chansons y gagnent en potentiel et l'album en homogénéité. En somme, tout y demeure d'une efficacité redoutable, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Le groupe sait torcher de véritables petits tubes en puissance comme Keep In The DarkMesmerize ou The Guesser, qui ont pour eux des refrains attachants et addictifs. Et de temps en temps, ils s'offrent des merveilles un peu moins accessibles mais non moins charmantes, prenons à témoin ce Colours To Life magnifique qui se révèle au fil des écoutes, ou encore le sommet de l'album, Move With The Season, vrai chef d'oeuvre saisissant et puissant aux envolées mélodiques poignantes, qui savent aller chercher là où ça fait du bien.

Tout au plus, l'on peut arguer que la fin de l'album, avec le long Sand Dances et l'outro acoustique Fragment's Light, est moins marquante que le reste, mais ça, c'est uniquement si l'on veut pinailler. Sun Structures demeure une première oeuvre maîtrisée et ambitieuse, qui s'inscrit parmi les meilleurs crus de 2014. C'est même, à titre personnel, mon album de l'année so far, avec le sublime Morning Phase de Beck. Le plus difficile pour Temples sera de confirmer; reste que leur potentiel et leur talent ne sont d'ores et déjà plus à prouver.

1. Shelter Song (3:10)

2. Sun Structures (5:12)

3. The Golden Throne (4:10)

4. Keep In The Dark (4:36)

5. Mesmerize (3:42)

6. Move With The Season (5:10)

7. Colours To Life (5:12)

8. A Question Isn't Answered (5:12)

9. The Guesser (4:06)

10. Test Of Time (3:53)

11. Sand Dance (6:31)

12. Fragment's Light (1:57)